Inventaire du département desArts graphiques Musée du Louvre
Mise à jour de la fiche 11/08/2015 Attention, le contenu de cette fiche ne reflète pas nécessairement le dernier état du savoir.

BELLANGE Jacques


Ecole française

Danseur de morisque costumé en renard pèlerin
Costumes des Fêtes, Mascarades. Théâtres, etc., de Louis XIV

Dessin

TECHNIQUES :
encre noire - lavis gris - aquarelle - rehauts d'argent - plume

INVENTAIRES :
Collection Edmond de Rothschild
1545 DR/ Recto

LOCALISATION :
Réserve Edmond de Rothschild
Recueil de dessins : Costumes des Fêtes, Mascarades. Théâtres, etc., de Louis XIV - Tome I - 1542 DR à 1603 DR

ATTRIBUTION ACTUELLE :
BELLANGE Jacques
P. Choné

ANCIENNES ATTRIBUTIONS :
ANONYME FRANCAIS
Inventaire E. de Rothschild

TECHNIQUES ET DIMENSIONS :
Plume, encre noire, lavis gris, aquarelle, rehauts d'argent oxydé sur papier.
Dimensions à la feuille : H. 00,343m ; L. 00,201m

HISTORIQUE :
Acquis en 1889 par Danlos pour le baron Edmond de Rothschild ; don en 1935.
Dernière provenance : Rothschild, baron Edmond de
Mode d'acquisition : don
Année d'acquisition : 1935

COMMENTAIRE :
F.G. Pariset désigne ce dessin comme « renard-ermite », « un personnage de mascarade ou d'entrée de ballet », le jugeant « étrange » avec son air « cynique ». Il doit cependant être rapproché des autres dessins aquarellés de la collection Rothschild rendus à Bellange (1605, 1606, 1611 et 1617 DR). On reconnaît ici un danseur de morisque ou moresque. Elle s'expose dans les sculptures d'Erasmus Grasser au Rathaus de Munich (1480), et son rythme binaire est décrit dans l'Orchésographie de Tabourot (1589). Elle se mêla à la commedia dell'arte et conquit les fêtes auliques, au point qu'une moresca conclut L'Orfeo de Monteverdi (1607). L' identification repose sur l'usage des grelots, sur la frappe du pied en demi-pointe ou du talon sur le sol, dont le claquement est accentué par une semelle visible, et sur l'angle de la jambe caractéristique de l'esthétique chorégraphique du 'zapateado ibérique'. Le chapeau, le chaperon et les coquilles de pèlerin de Saint-Jacques rappellent directement les fêtes de 'Moros y Cristianos' auxquelles Bellange, qui possédait un 'cancionero' espagnol, avait pu être sensible plus qu'un autre. L'érotisme agressif, l'accent satirique donné par les oreilles et la queue de renard - symbole de vile flatterie - poursuivent la tradition de la dérision zoomorphe des clercs lubriques et fourbes, très présente dans les types expressifs de la morisque. Le masque couleur chair est lisible comme un masque double superposant deux physionomies, une gaie et une morose. (P. Choné in cat. exp. 'Masques, mascarades, mascarons', Paris, Musée du Louvre, 2014, p. 215, n°31). Bibliographie: Dahlbäck et Pariset, 1954, repr. p. 66 ; Choné, 2009; Choné in 'Fastes de cour au XVIIe siècle. Costumes de Bellange et de Berain', Musée Condé, 2015, p. 53 et suivantes.

INDEX :
Lieux : Munich, Rathaus, oeuvre en rapport
Personnes : Tabourot, Jean, dit Thoinot Arbeau+ - Grasser, Erasmus, oeuvre en rapport
Sujets : théâtre - masque - Animal, renard - costume de théâtre - danseur

REFERENCE DE L'INVENTAIRE MANUSCRIT :
vol. 1, p. 14