Inventaire du département desArts graphiques Musée du Louvre
Mise à jour de la fiche 26/08/2014 Attention, le contenu de cette fiche ne reflète pas nécessairement le dernier état du savoir.
Atelier de

BERAIN Jean I


Ecole française

Costume de Furie pour l'opéra Proserpine
Costumes des Fêtes, Mascarades. Théâtres, etc., de Louis XIV

Dessin

TECHNIQUES :
encre noire - lavis gris - rehauts d'or - aquarelle - plume

INVENTAIRES :
Collection Edmond de Rothschild
1715 DR/ Recto

LOCALISATION :
Réserve Edmond de Rothschild
Recueil de dessins : Costumes des Fêtes, Mascarades. Théâtres, etc., de Louis XIV - Tome III - 1696 DR à 1761 DR

ATTRIBUTION ACTUELLE :
Atelier de BERAIN Jean I
Jérôme de La Gorce
Oeuvre originale BERAIN Jean I

ANCIENNES ATTRIBUTIONS :
ANONYME FRANCAIS
Inventaire E. de Rothschild

TECHNIQUES ET DIMENSIONS :
Dimensions à la feuille : H. 00,245m ; L. 00,205m

HISTORIQUE :
Acquis en 1889 par Danlos pour le baron Edmond de Rothschild ; don en 1935.
Dernière provenance : Rothschild, baron Edmond de
Mode d'acquisition : don
Année d'acquisition : 1935

COMMENTAIRE :
Dessin pour la furie de l'acte V de l'opéra de Lully Proserpine, ouvrage lyrique créé en 1680 à Saint-Germain-en-Laye. D'autres dessins pour cet opéra sont conservés au Nationalmuseum de Stockholm. Ici, il livre l'apparence d'une des trois Furies qui proposent à Pluton et à sa cour de renverser « toute la nature » afin de mieux s'opposer à la volonté de Jupiter qui est d'arracher Proserpine du sombre séjour où le souverain des Enfers l'a entraînée. Il se sert, comme pour d'autres feuilles de la même suite, d'un mannequin à l'eau-forte, dont le trait peut être décelé par les contours d'un pied ou d'une main qu'il n'a toutefois pas ici retenue, Berain a habillé cette silhouette à l'encre noire et probablement aussi au lavis gris, laissant à un spécialiste la tâche très délicate - que, selon les contemporains, il n'aurait pu assurer lui-même - d'ajouter d'autres couleurs pour y appliquer de fins rehauts d'or. L'artiste ne s'est pas contenté de perpétuer certaines conventions pour caractériser un tel rôle en recourant à des mamelles pendantes et à des serpents chargés de garnir la coiffure ou de former une ceinture. Tout en décrivant encore le monde infernal par les formes des ailes de dragon ou de chauve-souris, il préfère en effet aux couleurs traditionnelles rouge et noire, celles grise et jaune qui soulignent le teint du visage cadavérique. On peut rapprocher ce masque de celui que l'artiste a conçu à la même époque pour les sorcières de Bellérophon (1568 DR) ; il diffère cependant de celui qui se déploie en largeur sur la robe et qui est en partie repris, multiplié dans des motifs traités en relief grâce au travail de l'enlumineur, en bas de chaque pli du vêtement. Il s'agit de la tête d'un monstre stylisée appartenant au vocabulaire des arts décoratifs, à ces cartouches de cuirs découpés, hérités de la Renaissance et adoptés jusque dans l'œuvre de Callot. (J. de La Gorce in cat. exp. 'Masques, mascarades, mascarons', Paris, Musée du Louvre, 2014, p. 221, n°46 et J. de la Gorce in 'Féeries d'opéra. Décors, machines et costumes en France, 1645-1765', Paris, 1997, p. 117 et 118, repr. 120).

INDEX :
Lieux : Stockholm, Nationalmuseum, oeuvre en rapport
Personnes : Furies - Lully, Jean-Baptiste+
Sujets : masque - costume de théâtre - Proserpine, opéra

REFERENCE DE L'INVENTAIRE MANUSCRIT :
vol. 1, p. 14