Les collections du département desarts graphiques Musée du Louvre
Mise à jour de la fiche 18/07/2018 Attention, le contenu de cette fiche ne reflète pas nécessairement le dernier état du savoir.

PERRONEAU Jean-Baptiste


Ecole française

Portrait du comte de Bastard
Portrait d'homme en habit de velours noir.

1747

INVENTAIRES ET CATALOGUES :
Cabinet des dessins
Fonds des dessins et miniatures
RF 28722, Recto

LOCALISATION :
Sully II
Epi 12

ATTRIBUTION ACTUELLE :
PERRONEAU Jean-Baptiste

TECHNIQUES :
Pastel sur papier bleu marouflé sur toile tendue sur châssis.Signé et daté à droite, à mi-hauteur, au crayon : Perronneau pinx. / nobre 1747.Annoté à la plume et encre brune sur le papier de bordage : Faits par Mlles Peltier. Année 1727. Sur le carton de protection du châssis, cachet de cire rouge : Commissaire expert / E. LE ROY / du musée royal et deux autres cachets, l'un de cire rouge, l'autre de cire noire, sans inscription ni motif. Trois étiquettes imprimées : celle du haut, de la MAISON SOUTY, fondée rue du Louvre, incendiée en mai 1871, installée 33 rue Vanneau, encadrements, meubles et bâtiments (dorure et peinture, sculptures et décorations, fournitures et pose de glaces, restauration de tableaux), emballages et expéditions ; celle du milieu, de l'exposition des « Cent pastels » organisée à la galerie Georges Petit en 1908 (il est précisé que le pastel appartenait alors à Jacques Doucet) ; celle du bas, de l'exposition « Quentin de La Tour et les pastellistes français des XVIIe et XVIIIe siècles » organisée à l'hôtel Jean Charpentier en 1927 (l'œuvre appartenait alors à M. David-Weill, 14 rue de Chézy à Neuilly sur-Seine). Le carton porte également une petite pièce de papier avec le numéro imprimé : 17.028. Mesures du cadre : H : 00,895, L : 00,795 et profondeur 00,095. La restauration de cette œuvre a été rendue possible grâce au soutien des American Friends of the Louvre en 2014.
H. 00,677m ; L. 00,570m

HISTORIQUE :
Aurait appartenu à Denis Juvénal Devin de Belleville (1778-1842) au château de Maligny dans l'Yonne, puis à sa fille aînée Herminie (ou Antoinette Thérèse) Devin de Belleville (1801-1879), épouse du baron Armand de Bastard, comte d'Estang. Appartient en 1858 à leur fils Jean-Denis Léon de Bastard d'Estang (1822 - 1860 ?), puis à sa veuve jusqu'à son décès en 1870 ou au frère de Jean-Denis Léon, le comte Denis Adhémar de Bastard d'Estang (1825 - 1870 ?). En 1873, en possession de John Waterloo Wilson, Paris, 3 avenue Hoche ; sa vente, Paris, Me Pillet, 14-16 mars 1881, lot 20, comme le « comte de Bastard », reproduit à l'aide d'une gravure d'Achille Gilbert. Acquis à cette occasion par P. Petit pour 5 050 francs. En 1885, à la galerie Georges Petit à Paris. Puis chez le marchand Brame, auprès de qui le pastel est acquis en 1898 par Boussod au prix de 8 000 francs. Acquis avant 1908 de Boussod par Jacques Doucet (1853-1929). Sa vente, Paris, Me Baudouin, galerie Georges Petit, 5-8 juin 1912, lot 86, repr. Acquis à cette vente par Guiraud pour 116 100 francs. En 1927, dans la collection de David David-Weill (1871-1952), 14 rue de Chézy à Neuilly-sur-Seine. Don en 1937 de David David-Weill et son épouse au musée du Louvre (A.M.L., D7 1937, 11 février). Restauré en 2013-2014 par Sophie Chavanne et Valérie Luquet (décadrage, élimination mécanique des moisissures à l'aide d'un pinceau et des déjections d'insectes, ré encadrement dans un cadre emboîtant).( Xavier Salmon, Pastels du musée du Louvre XVIIe -XVIIIe siècles, Louvre éditions, éditions Hazan, Paris, 2018, 114.p.238 à 239).
Dernière provenance : David-Weill, David et Mme
Mode d'acquisition : don


COMMENTAIRE :
Dans un cadre en bois sculpté, époque Louis XV. Bibliographie : Léandre Vaillat et Paul Ratouis de Limay. Perronneau (1ère ed.) p. 12, 87, 124, 127, 129, 142 ; 'Collection David -Weill' tome II : Pastels, p. 55 à 58 (Rep.) ; Geneviève Monnier, 'Pastel XVIIe et XVIIIe siècles, musée du Louvre, cabinet des Dessins' Inventaire des collections publiques françaises, 18, Paris, 1972, n° 91 à 96 ; Jean-François Méjanès, dans cat. exp. 'Acquisitions 1984-1989, Département des Arts graphiques', Musée du Louvre, Paris, n° 109. Une copie à l'aquarelle (0,127 × 0,102 m) est passée en vente à Calgary,chez Galvin, lot 227, le 28 octobre 2003. L'identité du modèle divise de longue date. Elle est associée au nom du « comte de Bastard » depuis 1881, et ce même si dès 1874,à l'occasion de l'exposition au Palais-Bourbon à Paris, la famille Bastard d'Estang, anciennement propriétaire de l'œuvre, avait indiqué que cette identification était erronée. En 1909, Vaillat et Ratouis de Limay proposaient cependant de reconnaître dans cet homme d'âge mûr, au visage tout rayonnant d'embonpoint, Dominique de Bastard (1683-1777), seigneur de La Fitte et de Pominet, conseiller au Parlement de Toulouse. L'homme était demeuré célèbre pour être resté vêtu à la mode du XVIIe siècle tout au long de sa vie, avec l'ample perruque bouclée à la manière ancienne. Celle-ci était d'ailleurs portée par le modèle portraituré par Perronneau, dont l'âge apparent correspond à celui du conseiller en 1747, soit soixante-quatre ans. En 1947, Maurice Meaudre de Lapouyade notait que la perruque n'était nullement l'apanage des gens de robe et que le modèle du pastel ne pouvait être un homme de plus de soixante ans. Il fallait donc abandonner l'idée qu'il s'agisse de Dominique de Bastard, pas plus que de son fils François, qui avait vingt-cinq ans l'année où Perronneau avait travaillé. Selon lui, il fallait plutôt chercher dans un autre des rameaux de la famille, chez les Bastard Saint-Denis. Cette branche cadette était installée à Bordeaux depuis le XVIIe siècle, ville où Dominique de Bastard, seigneur de Saint-Denis-sur-Garonne,avait été receveur des finances. Son petit-fils Jean-Baptiste, dit le chevalier de Bastard, capitaine de cavalerie au régiment de Pons,chevalier de Saint-Louis, était né en 1696 dans la cité du port de La Lune. En 1747, six ans avant sa mort, il était donc le seul à avoir l'âge du personnage portraituré, soit un peu plus de cinquante ans. Pour Meaudre de Lapouyade, l'hypothèse était d'autant plus séduisante que le chevalier de Bastard avait été, par sa mère, parent de Catherine de Jehan, fille du procureur-syndic de Bordeaux mariée à Jérôme de Chassaing, seigneur de Beauséjour, dont Perronneau avait semble-t-il aussi fixé les traits, mais en 1756 (New York, The Morgan Library and Museum, inv. 1984.6. Arnoult, 2014, p. 256-257, no 157 Pa, repr., comme portrait présumé de Jérôme de Chassaing). Dominique d'Arnoult a montré en 2014 que l'hypothèse de Meaudre de Lapouyade n'était pas plus défendable que celle de Vaillat et Ratouis de Limay. En 1747-1748, Perronneau n'avait pu être présent à Bordeaux en raison du nombre important de portraits peints à Paris et dans l'Orléanais ces deux années-là, ne laissant aucune possibilité à l'artiste pour accomplir un tel voyage. Provenant selon la spécialiste et Neil Jeffares du château de Maligny, dans l'Yonne, successivement habité par les Daguesseau (1746-1791) puis par les Devin de Belleville, qui s'allièrent aux Bastard d'Estang, le pastel pouvait tout aussi bien représenter l'un des membres de ces deux familles. Saura-t-on un jour qui fut ce bon vivant aux carnations colorées avec tant d'audace chromatique ? Rien n'est moins sûr.(voir Bibliographie : Xavier Salmon, Pastels du musée du Louvre XVIIe -XVIIIe siècles, Louvre éditions, éditions Hazan, Paris, 2018, 114.p.238 à 239).

INDEX :
Collections : Bastard d'Estang - Doucet, Jacques - Petit, Georges - Wilson, John - David
Personnes : Bastard, comte de
Sujets : portrait
Techniques : papier gris-bleu - pastel

REFERENCE DE L'INVENTAIRE MANUSCRIT :
vol. 25, p. 409