Les collections du département desarts graphiques Musée du Louvre
Mise à jour de la fiche 20/07/2018 Attention, le contenu de cette fiche ne reflète pas nécessairement le dernier état du savoir.

ANONYME FRANCAIS XVIIIè s


Ecole française

Portrait présumé de Madame Louise en Carmélite.
Portrait de religieuse.

INVENTAIRES ET CATALOGUES :
Cabinet des dessins
Fonds des dessins et miniatures
RF 5129, Recto

LOCALISATION :
Sully II
Epi 14

ATTRIBUTION ACTUELLE :
ANONYME FRANCAIS XVIIIè s

PROPOSITIONS D'ATTRIBUTIONS :
Attribué à DELATOUR Maurice Quentin
Xavier Salmon, 2018

TECHNIQUES :
Pastel sur papier bleu collé sur carton. Restauré en 2005
H. 00,063m ; L. 00,051m

HISTORIQUE :
Collection de Georges de Monbrison au château de Saint-Roch. Don en 1920 au musée du Louvre par lady Ashbourne, née de Monbrison, « pour répondre au désir de sa mère » qui tenait le pastel de l'ancienne collection de Monbrison (A.L., 1 BB 39, procès-verbal du comité consultatif, séance du 3 juin 1920, p. 84-85). Restauré en 2004 (décadrage, dépoussiérage du carton, élimination mécanique des moisissures, remise en place du papier dans l'angle inférieur gauche, ré encadrement).
Dernière provenance : Ashburne, Lady
Mode d'acquisition : don
Année d'acquisition : 1920


COMMENTAIRE :
Donné par Lady Ashburne comme une oeuvre de la Tour pour répondre au voeu de sa mère Mme R. de Montbrisson. L'œuvre est entrée au Louvre comme attribuée à Maurice Quentin de La Tour et comme représentant une religieuse carmélite dans les traits de laquelle on a voulu reconnaître le portrait de Madame Louise de France, fille de Louis XV. Lors de la séance du comité consultatif des musées nationaux tenue le 3 juin 1920, le pastel fut jugé de valeur fort distinguée et reçu avec gratitude mais sans qu'il fût possible d'affirmer l'identification proposée ni d'accepter l'attribution au maître de Saint-Quentin. Il est depuis lors demeuré classé parmi les anonymes français du XVIIIe siècle comme le portrait présumé de Madame Louise. À un examen plus attentif, cette identification n'est aujourd'hui plus recevable. Dixième enfant de Louis XV et Marie Leszczynska née le 15 juillet 1737, Louise Marie de France avait les yeux verts. Elle prit l'habit au carmel de Saint-Denis le 10 octobre 1770 à l'âge de trente-trois ans et prononça ses vœux religieux le 12 septembre 1771. Or le modèle féminin du Louvre a les yeux bleus et ne porte pas la robe et le scapulaire marron des carmélites mais est vêtu de blanc comme les dames Augustines, avec le voile noir. Aussi faut-il absolument abandonner l'idée qu'il puisse s'agir de la fille du couple royal. La qualité du pastel invite également à reconsidérer l'attribution qui en avait été faite à Maurice Quentin de La Tour. On peut en premier lieu noter que le maître utilisa à plusieurs reprises cette attitude conduisant le modèle à reposer délicatement sa tête sur l'une de ses mains. Il en fit usage pour le portrait de Mme Rouillé de l'Estang exposé au Salon de 1738, puis vers 1745 pour celui de Mme de La Pouplinière, et au début des années 1750 pour ceux de Mlle Ferrand et de Mme Cassanéa de Mondonville. L'effigie de religieuse doit quant à elle avoir été exécutée au début des années 1740. Elle offre en effet cette manière si caractéristique de donner de l'intensité au regard et de peindre les chairs en posant sur un papier passé à la pierre ponce une couche de rose étalée à l'aide du doigt puis rehaussée sur les joues, sur le nez et sous la bouche de hachures d'un rose plus soutenu et d'un bleu clair. L'artiste a même joué de la réserve du papier sur le bout du nez pour y poser une touche de blanc accrochant la lumière et accentuant le volume. Le soin apporté à la transparence du voile, à la perspective parfaitement maîtrisée du lutrin et du livre de musique est tout à fait comparable à celui que le prince des pastellistes appliqua à l'exécution des accessoires enrichissant les portraits les plus ambitieux. Goûtant la culture et l'esprit de l'abbé Huber, de l'abbé Le Blanc, de l'abbé Nollet ou du père Emmanuel, La Tour avait peut-être trouvé auprès de la religieuse du Louvre une intelligence aussi déliée, à moins qu'elle ne fût l'un des membres de sa famille dont il accepta de fixer les traits, comme il le fit avec l'abbé Deschamps à la fin des années 1760 (Xavier Salmon, Pastels du musée du Louvre XVIIe -XVIIIe siècles, Louvre éditions, Hazan, Paris, 2018, cat. 81, p.162-164).

INDEX :
Collections : Ashburne - Montbrisson
Personnes : Louis XV, roi de France, fille de
Techniques : pastel

REFERENCE DE L'INVENTAIRE MANUSCRIT :
vol. 20, p. 338