Les collections du département desarts graphiques Musée du Louvre
Mise à jour de la fiche 19/07/2018 Attention, le contenu de cette fiche ne reflète pas nécessairement le dernier état du savoir.

ANONYME FRANCAIS XVIIIè s


Ecole française

Portrait de femme.
Maria Antonia Fernanda d'Espagne ( 1729-1785),épouse de Victor Amédée III.

INVENTAIRES ET CATALOGUES :
Cabinet des dessins
Fonds des dessins et miniatures
INV 34895, Recto

Anciens numéros d'inventaire :
NIII30924
MA12991

LOCALISATION :
Sully II
Epi 40

ATTRIBUTION ACTUELLE :
ANONYME FRANCAIS XVIIIè s

PROPOSITIONS D'ATTRIBUTIONS :
Manière de SCHMIDT Johann Heinrich
Xavier Salmon, 2018

TECHNIQUES :
Pastel sur papier gris-bleu. Les mesures du cadre sont : H : 00,553 ; L : 00,47 et profondeur : 00,05. Etiquette au dos : 'Portrait de / femme inconnue / N.C.'. Annotation à la plume et encre brune : 'Inventaire n°12991' et étiquette avec mot d'ordre 34895.
H. 00,450m ; L. 00,390m

HISTORIQUE :
Mis en dépôt au Musée Bertrand de Chateauroux le 4 août 1923. Date de retour au Departement des Arts graphiques du Musée du Louvre inconnue. Même provenance que les deux précédents, également sous le nom de Mme Le Brun (Morel d'Arleux, vol. IX, p. 1741, no 12991). Entré au musée du Louvre avant 1827. L'œuvre est à nouveau inscrite en 1832 sur l'inventaire général des musées royaux sous le numéro 12991 (A.N., DD 97, p. 1724).( Xavier Salmon, Pastels du musée du Louvre XVIIe -XVIIIe siècles, Louvre éditions, éditions Hazan, Paris, 2018, 133.p.269 à 270).
Année d'acquisition : 1827

INVENTAIRE DU MUSEE NAPOLEON :
Inventaire du Mus¿e Napol¿on. Dessins. Vol.9, p.1741, chap. : Ecoles diverses, Peintures au pastel, encadrées, etc.. (...) Num¿ro : 12991. Nom du ma¿tre : [[Madame Le Brun ?]]. Num¿ro d'ordre dans l'oeuvre du ma¿tre : 368. D¿signation des sujets : Portrait présumé d'une femme inconnue. [Il portait dans l'état de 1812 le n° 25] [[à l'encre]] Dimensions : H. 45 x L. 34cm. Origine : Idem [[ [Rentré] [[au crayon]] /&. Emplacement actuel : Idem & Chez le Gouverneur de Versailles ? ]]. Observations : Ce portrait est le pendant du précédent.. Signe de recollement : [Vu] [[au crayon]] [[trait oblique / au crayon / sous le n° Morel d'Arleux]] [[trait oblique / au crayon / à gauche du n° Morel d'Arleux]] [[signe en forme de petite croix / au crayon]]. Annotations marginales sur l'inventaire : [27] [[ au crayon / dans la marge de gauche / recouvert par la mention suivante]] [ [[Pas]]tel n° 39] [[à l'encre / dans la marge de gauche]]. Cote : 1DD41 Note relative ¿ la saisie informatique : Désignation des sujets : la technique, précisée dans la notice n° 12971, concerne en fait les notices n° 12971 à l'extension 2 de la notice n° 12995. Observations : la présentation, précisée dans la notice n° 12971, concerne vraisemblablement les notices n° 12971 à l'extension 2 de la notice n° 12995 tandis que la notion de "pendant", précisée dans la notice n° 12991, concerne en fait les deux notices n° 12990 et 12991. La mention de remise à la Chalcographie royale, précisée dans la notice n° 12990, regarde les notices n° 12990 et 12991..

COMMENTAIRE :
Morel d'Arleux indiquait que ce portrait était le pendant du 'Portrait présumé d'un grand d'Espagne' catalogué au numéro 129, mais les différences qui interviennent dans le châssis laissent penser que le INV 34892 est le véritable pendant. Au dos, sur une étiquette ancienne à la plume et encre brune : 'Portrait de femme inconnue N.C.' Grâce à l'aide de Jean-Jacques Petit, qui s'est fait une spécialité du portrait du XVIIIe siècle européen, il est désormais possible d'associer un nom à chacun des deux modèles reproduits sur les trois petits pastels. Il faut en effet y reconnaître non pas un grand d'Espagne et une dame anonyme, ainsi que le proposait Morel d'Arleux sur son inventaire, mais Victor Amédée III, duc de Savoie, roi de Sardaigne, qui régna de 1773 à 1796, et son épouse Maria Antonia Fernanda, fille cadette de Philippe V d'Espagne (1683-1746) et de sa seconde épouse Élisabeth Farnèse (1692-1766). Marié le 31 mai 1750, le couple donna naissance à douze enfants. L'aîné, Charles Emmanuel de Savoie (1751-1819), prince de Piémont, succéda à son père en 1796 sous le nom de Charles Emmanuel IV et épousa Madame Clotilde, l'une des sœurs de Louis XVI. Marie-Joséphine Louise de Savoie (1753-1810), la troisième, fut mariée le 14 mai 1771 à Louis Stanislas Xavier de France, comte de Provence, futur Louis XVIII. Marie-Thérèse de Savoie (1756-1805), la cinquième, épousa le 16 novembre 1773 Charles Philippe de France, comte d'Artois, futur Charles X. Les deux exemplaires au pastel du portrait de Maria Antonia Fernanda peuvent être utilement comparés aux effigies officielles peintes en particulier par le portraitiste de la cour de Turin Giovanni Panealbo, actif au moins entre 1772 et 1792 (Turin, palais royal). On y reconnaît sans hésitation aucune le modèle aux yeux bruns et aux traits un peu masculins. Le pastel figurant Victor Amédée III est quant à lui une reprise en buste d'après une toile peinte à l'huile appartenant aux collections du château de Versailles (fig. 75. Inv. MV 3964. 0,79 × 0,63 m). Le souverain y paraît vêtu du même habit bleu avec le collier de l'ordre de l'Annonciade autour du cou. Provenant peut-être de l'hôtel du ministère des Affaires étrangères et de la Marine à Versailles, où est cité en novembre 1793, parmi six portraits dans leurs bordures dorées, celui du « Roi de Sardaigne», qui pourrait être aussi, en raison de la date, celui du successeur de Victor Amédée III, soit son fils Charles Emmanuel (Bibliothèque historique de la Ville de Paris, ms. 796, fol. 189), l'œuvre a été tour à tour attribuée à l'école française du XVIIIe siècle (Constans,1995, II, p. 1077, no 6085, repr.) ou à Giuseppe Duprà. Pour des raisons stylistiques, nous aimerions plutôt proposer d'y reconnaître une création de Johann Heinrich Schmidt (1749-1829). Fils du peintre de cour Johann Thomas Schmidt, il travailla à Dresde en 1770 avant de venir à Paris l'année suivante, où, grâce aux recommandations du duc de Saxe, du Premier peintre Jean-Baptiste Marie Pierre et de M. de Lowendal, il fut invité en 1773 par la comtesse de Provence à faire le voyage jusqu'à Turin afin de fixer les traits de sa sœur, Marie-Thérèse, la future comtesse d'Artois, dans la « manière la plus conforme au goût de ce pays-ci [la France] » (www.pastellists.com, Schmidt, p. 1). Rapidement estimé pour le talent avec lequel il saisissait les ressemblances, Schmidt obtint également de portraiturer Victor Amédée III. Dans une lettre adressée en 1773 à sa fille Marie-Joséphine Louise, l'épouse du souverain précisait ainsi : « Le roi a eu Schmidt qui a entrepris à présent son portrait à l'huile sur la toile et de grandeur naturelle. Il a été environ trois quarts d'heure par pièces et morceaux et je vous assure que sa physionomie y est déjà. Il va toujours beaucoup mieux que celui de ce vieux qui est venu cent fois pour un mauvais portrait qu'il n'a pas achevé et qui reviendra cent autres pour un second qu'il a ébauché hier, c'est-à-dire crayonné, mais il semble un peu moins mal. Ce qui pis est, est que je suis menacée aussi de toutes ces peintures. Jugés de ma joye » (Hugues, 2003,p. 162). À la lecture de ce document, il serait tentant de reconnaître dans l'œuvre peinte en 1773 par Schmidt le portrait aujourd'hui conservé à Versailles et d'imaginer que la comtesse de Provence en avait sollicité l'envoi auprès de son père et de sa mère. Victor Amédée III y paraît encore assez jeune. Pendant le séjour de Schmidt à Turin, il n'avait pas cinquante ans. Avant que l'œuvre ne soit envoyée à Versailles, elle avait peut-être fait l'objet de la petite version en buste peinte au pastel. Cette copie avait aussi pu être exécutée une fois le tableau arrivé à la cour de France. D'une exécution un peu faible, les trois pastels du Louvre décrivant le couple royal de Sardaigne ne peuvent en tout état de cause être de la main de Schmidt, artiste au métier plus soigné, comme en témoignent les deux petits portraits d'Étienne François duc de Choiseul et de Louis Sextius de Jarente de La Bruyère (Château de Versailles, inv. MV 4480 et MV 4481) que nous avions classés parmi les anonymes en 1997 (Salmon, 1997, p. 132-136, nos 37 et 38, repr.). Sans doute faut-il reconnaître dans les pastels du Louvre la main de l'un de ces copistes de cour chargés de multiplier les versions d'une seule et même image afin de satisfaire les demandes des membres de la famille royale, tant pour disposer d'une image d'un être proche que pour pouvoir l'offrir à leur entourage.(voir Bibliographie : Xavier Salmon, Pastels du musée du Louvre XVIIe -XVIIIe siècles, Louvre éditions, éditions Hazan, Paris, 2018, 133.p.269 à 270).

INDEX :
Lieux : Espagne+
Sujets : portrait
Techniques : papier gris-bleu - pastel

REFERENCE DE L'INVENTAIRE MANUSCRIT :
vol. 14, p. 277