Les collections du département desarts graphiques Musée du Louvre
Mise à jour de la fiche 18/07/2018 Attention, le contenu de cette fiche ne reflète pas nécessairement le dernier état du savoir.

REGNAULT Nicolas François


Ecole française

Portrait de Gardel l'ainé, jouant de la harpe.
Maximilien Léopold Philippe Joseph Gardel, dit Gardel l'aîné.

INVENTAIRES ET CATALOGUES :
Cabinet des dessins
Fonds des dessins et miniatures
MI 1080, Recto

LOCALISATION :
Sully II
Epi 10

ATTRIBUTION ACTUELLE :
REGNAULT Nicolas François

TECHNIQUES :
Pastel sur douze feuilles de papier gris-bleu, peut-être mises en couleur, et assemblées à joints couvrants, marouflées sur une toile, peut-être imprimée, tendue sur châssis. Signé et daté vers le centre, sur la harpe : F REGNAULT / 1765. Un fragment de partition musicale tracée à l'encre est utilisé comme papier de bordage en partie supérieure du châssis. Mesures du cadre : H : 01,215; L : 01,015 et profondeur 00,13.
H. 00,998m ; L. 00,808m

HISTORIQUE :
En possession du modèle, puis à sa descendance jusqu'à son neveu Jean-Baptiste Gardel, qui fit don du pastel au musée du Louvre fin 1868 (A.L., D8 1869, 5 janvier). L'oeuvre a été restaurée en octobre 2014 par Marianne Bervas, Sophie Chavanne, André Le Prat et Valérie Luquet (décadrage, dépoussiérage de l'arrière de la toile de marouflage, élimination mécanique des moisissures sur la surface du pastel, mise en place de rehausses, réencadrement dans un cadre emboîtant).(Xavier Salmon, Pastels du musée du Louvre XVIIe -XVIIIe siècles, Louvre éditions, éditions Hazan, Paris, 2018, 125.p.258 à 259).
Dernière provenance : Gardel, Jean-Baptiste
Mode d'acquisition : don
Année d'acquisition : 1868


COMMENTAIRE :
Fils d'un maître de ballet du roi Stanislas de Pologne, il fut danseur à l'Opéra de Paris. Geneviève Monnier, Inventaire des Collections Publiques Françaises, Pastels des XVIIe et XVIIIe siècles, Musée du Louvre, 1972, n° 102. En 1946, Paul Ratouis de Limay déplorait que l'on sache si peu sur Nicolas François Regnault. Il soulignait qu'on l'avait parfois confondu avec le graveur de Fragonard et aussi avec le graveur expert Regnault-Delalande, né en 1762 et mort en 1824. Ayant signé et daté ses oeuvres entre 1760 et 1780, le pastelliste avait pourtant été un artiste capable d'une virtuosité toute « latourienne », dessinateur remarquable et très habile coloriste, un peu froid peut-être. La découverte par Neil Jeffares en 2016 (www.pastellists.com) de l'inventaire après décès de l'artiste daté du 2 novembre 1799 (A.N.,M.C., XCIII / 227) a permis de lever une part de l'ombre. Nicolas François Regnault ne naquit pas à Paris en 1746, ainsi que cela est régulièrement indiqué, mais le 22 août 1738, paroisse Saint-Sulpice. Son père, Nicolas Regnault, avait été valet de chambre du président Chauvelin et le second mari de Catherine Chenot (1702-1754),femme de chambre qui avait été mariée en premières noces avec Claude Delozières (¿ 1734), valet de pied de la Petite Écurie du roi. Ainsi que le précise l'inventaire de sa mère, daté du 14 août 1754 (A.N., Y 5274), Nicolas François était âgé de seize ans à cette date et était donc bien né en 1738. En 1763, il semblait résider chez un fourreur, rue Saint-Honoré, vis-à-vis la Barrière. L'année suivante,les registres de l'Académie de Saint-Luc, où il avait été reçu, indiquaient qu'il habitait désormais rue Montmorency. En 1772, il était cité rue Croix-des-Petits-Champs. Ayant épousé Marie-Geneviève Charlotte Tondu de Nangis (1746-1802), il collabora avec elle en gravant ses dessins pour La Botanique mise à la portée de tout le monde, trois volumes in-folio publiés en 1774. Aujourd'hui la plus connue, cette activité de graveur le conduisit à travailler d'après plusieurs maîtres célèbres, dont Pierre Antoine Baudouin et Jean-Honoré Fragonard, et à s'exercer à la gravure en pointillé pour diffuser certaines de ses œuvres peintes (Le Lever, Le Matin, La Nuit, Ah ! s'il s'éveillait, Dors...dors). En 1793, Regnault fut élu administrateur du Conseil définitif du département de Paris. La même année, il s'installait à Belleville. En 1794, on le nommait juge suppléant au tribunal du IVe arrondissement de Paris. Peintre, auteur de gouaches, graveur et miniaturiste,l'artiste pratiqua également avec bonheur l'art du pastel. On lui connaît aujourd'hui trois œuvres sûres figurant uniquement des modèles masculins. Signé et daté de 1759, le portrait d'homme d'âge mûr ayant appartenu au baron Leonino avant d'être cédé à l'encan de nombreuses années après à l'hôtel Drouot à Paris le 10 juin 1980 (lot 21, repr., Mes Laurin, Guilloux, Buffetaud, Tailleur), tout comme celui d'un homme anonyme signé et daté de 1773 autrefois dans la collection d'Henri Parguez, démontre à la fois l'adresse avec laquelle il maniait les bâtonnets de pastel et son aptitude à fixer la ressemblance et la psychologie de ses modèles. L'effigie de Maximilien Léopold Philippe Joseph Gardel l'aîné conservée au Louvre constitue son chef-d'oeuvre. De dimensions ayant nécessité de maroufler sur la toile en premier lieu une feuille centrale puis d'en agrandir la surface en ajoutant des bandes latérales et des angles, l'oeuvre a été soigneusement préparée. Il semble en effet que le papier gris-bleu de support ait été mis en couleur pour mieux accrocher la poudre et que l'artiste ait ajouté au pastel de nombreux rehauts de gouache blanche ou de pigment blanc broyé avec un adhésif afin de poser ses lumières et d'accentuer ses volumes. Il prit également un soin extrême non seulement dans le rendu réaliste du visage, où la touche reste volontairement visible à la manière de La Tour, mais aussi dans celui de l'habit et de tous les accessoires révélant l'activité artistique du modèle. Né à Mannheim en 1741, Gardel l'aîné était fils d'un maître de ballet entré au service du roi Stanislas. Il débuta comme danseur à l'Opéra à l'âge de quatorze ans et manifesta rapidement de grands talents,qui, dès 1760, lui permirent de remplacer dans Dardanus le célèbre Vestris, empêché par un accident. Soliste à partir de 1763, Gardel dut attendre 1775 pour devenir premier danseur. Maître de ballet en 1781, il composa aussi de nombreux ballets « en action » ou ballets pantomimes et collabora à plusieurs autres créations de ses contemporains,tel Grétry (Le Premier Navigateur, 1785). Regnault représente son modèle âgé de vingt-quatre ans jouant d'une harpe à pédales dont il décrit avec la plus grande minutie et la plus grande exactitude le mécanisme à crochets. En un morceau de brio, l'instrument laisse voir entre ses cordes un livre, un violon au raccourci parfaitement maîtrisé et une feuille de papier où sont dessinées des figures de ballet, accessoires soulignant habilement à la fois l'activité du chorégraphe,celle du musicien et celle du librettiste.(voir Bibliographie : Xavier Salmon, Pastels du musée du Louvre XVIIe -XVIIIe siècles, Louvre éditions, éditions Hazan, Paris, 2018, 125.p.258 à 259).

INDEX :
Collections : Gardel, Jean Baptiste
Personnes : Gardel, Maximilien, dit Gardel l'Aîné
Sujets : portrait
Techniques : pastel

REFERENCE DE L'INVENTAIRE MANUSCRIT :
vol. 18, p. 85